11.6.13 : Goldfields
Les bras tatoués, la grosse carcasse, les cheveux ras, l’argot aux lèvres,
4 heure du matin au réfectoire,
Choco Pops ou Weetabix, pain de mie et Vegemite, ou peanut butter.
Il fait nuit encore mais leurs combinaisons fluos les réveillent.
Goldfields, Australia.
Tous ces jeunes durs qui partent à la dure sur le sol désertique du pays continent.
Isolés sur la mine, à creuser jour et nuit pour y trouver de l’or.
“Waltzing Matilda” puis la gourde s’arrête et il faut forer. Loin, profond. Armer les bras d’acier qui fouilleront le sol et peut-être extrairont un semblant de pépite.
Au cul de la voiture, discuter avec les collègues en attendant le travail de la machine. Les mouches ne laissent pas de répit, en plein sur les yeux, la bouche, toute humidité perdue à suer.
Rejoindre la chambre en taule le soir, la petite télé allumée, le calendrier voiture de sport sur le mur, quelques magazines sur le lit, un paquet de gâteaux entamé sur la table de chevet. La petite fenêtre avec la moustiquaire qui donne sur les étoiles. Et le voisin qu’on entend tousser et ronfler.
Picoler, un peu mais pas trop, demain matin comme tous les lendemains il y a les tests d’urine. Au bout de trois cuites c’est le renvoi sans appel.
Sociétés en vente, marché de l’or qui va qui vient. Licenciés. Chercher ailleurs. “Waltzing Matilda”.
La paye de fin de mois, honorable, plus qu’honorable. Revoir la femme restée en ville, loin des collègues bourrus. Loin aussi de la maîtresse sur site.
S’acheter une maison, un 4x4, des bières, se faire un nouveau tatouage, nourrir la petite.
Retourner à la mine. Brûler sous le soleil. Trinquer avec les potes. Cheers.
Goldfields, où les épis sont des lingots dont on voit rarement la couleur. Australia.